
J’habiterai le vent est le premier roman pour adultes d’Élizabeth Baril-Lessard, autrice bien connue pour ses séries destinées aux adolescents. Elle y raconte l’histoire d’Ella, une jeune femme de 19 ans qui apprend, entre deux poussées pour donner naissance à sa fille, que son conjoint l’a quittée. Invitée à passer l’été auprès de sa belle-famille, au Lac-Saint-Jean, elle tente peu à peu de trouver ses repères et de se définir autrement.
Avec une écriture à la fois sensible, lucide et lumineuse, Élizabeth Baril-Lessard aborde la maternité précoce, l’abandon, le passage à l’âge adulte et l’affirmation de soi. Un roman sur la résilience, mais surtout sur la famille choisie : celle qui se construit avec le temps, la présence et le soin, bien au-delà des liens du sang
En résumé
« Tu es le début de mes phrases et le point.
Tu es mon cadran de lever de soleil et ma berceuse à fredonner à la fin.
Et ça me suffit.
Entre deux poussées pour faire naître sa fille Gigi, Ella apprend que son chum Will est parti. Pas parti au dépanneur ou acheter un toutou pour leur bébé. Non : parti pour de bon. C’est donc seule dans son petit appartement de Québec que, du haut de ses 19 ans chambranlants, la nouvelle maman apprend à décoder les pleurs de son enfant tout en essayant d’étouffer les siens.
Puis sa belle-famille l’invite à venir s’installer pour l’été dans leur maison au Lac-Saint-Jean. Auprès de Diane, Roch et Hugo, le petit frère de Will, Ella découvre ce que signifie réellement » prendre soin « . Tout en apprivoisant cet amour infini, elle se laisse inspirer par l’immensité et le mouvement du Lac afin de se définir pour la première fois de sa vie. Mais alors qu’Ella commence à bâtir un nid pour Gigi et elle-même, Will réapparaît brusquement, venant tout chambouler… »
Mon (humble) avis
J’habiterai le vent est un roman habilement écrit, qui se lit avec fluidité. Malgré la lourdeur du sujet, l’histoire racontée demeure lumineuse : celle d’une jeune femme qui reprend son avenir en main, une journée à la fois. Mais c’est surtout sa représentation de la famille choisie – celle qui accueille, soutient et prend soin – qui touche. Ses (anciens?) beaux-parents sont tellement doux et bienveillants.
J’aurais peut-être aimé sentir davantage de colère et de ressentiment chez la protagoniste envers celui qui l’a abandonnée le jour de son accouchement. Peut-être sa jeunesse explique-t-elle en partie cette forme de naïveté?
Malgré tout, c’est un roman touchant et rempli de douceur, qui nous rappelle que la famille se définit par les liens du sang, mais aussi par les personnes qui choisissent de rester.



