
Récemment, on m’a posé la question à savoir comment faire du journaling, ou de l’écriture automatique. Lorsque j’ai commencé, il y a plusieurs années, je trouvais vraiment difficile de me laisser à simplement écrire. Je me trouvais même stupide à fixer un cahier vierge et me demander quoi y écrire.
Puis, mars 2020 et la pandémie sont arrivés et les mots on commencé à couler et mes pages se sont tranquillement noircies. Au départ, avec plus de difficulté et de retenue, puis, de plus en plus fluidement.
Les bienfaits de l’écriture
Écrire, c’est bien plus que coucher des mots sur papier. C’est se déposer. Prendre le temps. Mettre des mots sur des pensées, des ressentis.
D’abord, l’écriture permet de clarifier ce qui nous habite. Nos pensées, souvent embrouillées, prennent forme dès qu’on les écrit. Ce qui semblait lourd ou confus devient soudainement plus accessible, plus doux, parfois même plus léger.
Elle agit aussi comme un puissant outil de régulation émotionnelle. Mettre des mots sur ce que l’on ressent aide à apaiser le système nerveux. On sort de la rumination mentale pour entrer dans une forme de libération. C’est comme ouvrir une fenêtre dans une pièce trop pleine.
Le journaling favorise également une meilleure connaissance de soi. À force d’écrire, des patterns émergent, des désirs s’expriment et remontent à la surface. C’est un espace sans jugement, où tout peut exister. C’est d’ailleurs en écrivant mes émotions suite à une fausse couche que j’ai pu démêler les différentes émotions qui m’habitaient.
Enfin, écrire permet de ralentir. Dans un monde où tout va vite, s’asseoir avec soi-même quelques minutes devient un acte profondément ancré et réparateur.
Comment commencer à écrire?
Il n’y a pas une seule bonne façon d’écrire. Mais il existe des pistes pour apprivoiser la page blanche.
1. Créer un espace simple et le bon moment pour vous
Choisissez un carnet qui vous plaît, un moment dans la journée, une bonne ambiance (je mets de la musique, mais certains préfèrent le silence), et surtout, enlevez toute attente. Il ne s’agit pas d’écrire « bien », mais d’écrire vrai.
2. Commencer petit
Inutile de remplir des pages entières dès le départ. Quelques lignes suffisent. Pas besoin de phrases complètes. Parfois, j’inscris uniquement des mots clés.
3. Utiliser des amorces
Si les mots ne viennent pas, laissez-vous guider :
- Aujourd’hui, je me sens…
- Ce qui occupe mes pensées en ce moment…
- J’aurais besoin de…
- Ce que je n’ose pas dire…
Écrire à quelqu’un (comme une lettre à la poste) ou à son journal intime peut être une belle façon de commencer, sans pression.
4. Écrire sans se censurer
Laissez tomber la grammaire, la structure, le sens parfait. L’écriture automatique consiste justement à laisser couler les mots sans filtre, même si cela semble décousu ou répétitif.
5. Être régulier, mais souple
La constance aide à créer une relation avec l’écriture, mais elle ne doit jamais devenir une contrainte. Écoutez votre rythme et ne forçez pas.
6. Relire… ou pas
Certaines personnes aiment relire leurs pages, d’autres préfèrent les laisser telles quelles. Les deux sont valides. Le journaling n’a pas d’objectif de performance. Personnellement, je ne me relis jamais. Une fois, j’ai fait exception pour un article sur le deuil périnatal, où j’avais besoin de me replonger dans l’émotion vive qui m’habitait.


