Apprendre à danser avec le stress selon l’Ayurveda

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«Ce n’est pas le stress qui nous tue, c’est notre façon d’y réagir.» – Dr Hans Selye (1907-1982), médecin et chercheur

Insomnie, anxiété, difficulté de digestion, irritabilité: comment vivez vous le stress dans votre vie? Comment réagit votre estomac lorsque vous entendez le mot: retour à la «routine régulière?» Ressentez vous du stress de façon subtile, modérée ou plus intense? Quels en sont les effets sur votre équilibre coeur-corps-esprit?

En ce moment, je suis à l’écriture de mon deuxième livre portant sur la Féminité et sur l’ayurvéda, (branche médicale du yoga). Et ce que j’y découvre et décrit est tellement précieux! Le stress influence profondément notre féminité dans tous ses aspects: notre équilibre hormonal, nos cycles menstruels, nos perceptions, nos relations amoureuses, nos émotions, notre libido, la luminosité de notre peau,  nos réactions, nos pensées et nos actions. Bien que nous ayons en mains plusieurs outils, il peut être parfois difficile, en ce moment, de ne pas se sentir tiraillés, insécures, bousculés, divisés.  Nous recevons plusieurs fois par jour une invitation en or massif pour glisser vers l’anxiété ou la tristesse, la colère ou l’apathie. Le monde est en profond changement,  et nous ne connaissons pas la destination. Ce qui peut être extrêmement insécurisant pour beaucoup d’entre nous.

Plus besoin d’être en mode survie continuellement

Les êtres humains ont bien sûr évolué depuis les 20 000 dernières années mais la façon que notre corps a de réagir au stress est resté plutôt au même point. Nous avons été  »cablés » par un réflexe d’auto préservation connu sous le nom de lutte ou de fuite. Lorsque nous percevons une situation pouvant potentiellement menacer notre survie ou traverser les limites de notre sécurité, le corps, avant même d’avoir eu une pensée, a déjà commencé à initier une cascade physiologique des plus impressionnante, affectant la pression artérielle, la glycémie, l’équilibre des hormones sexuelles, la digestion, notre température, notre système immunitaire et un nombre incroyable d’autres paramètres. Cette réaction était nécessaire lorsque nous étions chasseurs/cueilleurs dans la nature, exposés aux dangers potentiels de l’environnement. Mais ce n’est plus le cas.

C’est pourquoi il est encore plus important, en ce moment,  de créer l’espace pour prendre soin de nous et de venir créer un enracinement et une paix profonde, plusieurs fois par jour, rappelant ainsi au corps que nous ne sommes plus en mode survie.

D’ailleurs, nous ne sommes pas obligés de subir les effets néfastes du stress pour le reste de nos jours. En fait, il est possible de développer une résilience, apprendre à notre cerveau reptilien à réagir de façon différente, à devenir de moins en moins réactifs et de plus en plus observateurs.

Plusieurs études démontrent les bienfaits de la méditation et de la respiration sur la diminution des réactions humaines primitives. Le «centre de la peur» de notre cerveau humain, appelé amygdale (emprunté du latin amygdala) fait référence à deux petits noyaux situés en avant de l’hippocampe. Pourquoi est-ce important de le savoir? En fait, c’est qu’il est possible de réduire la taille de ces deux noyaux réactifs à la peur et à la sur-stimulation grâce, entre autre, à la méditation et à la pleine conscience. (références 1,2)

En d’autres mots, nous pouvons apprendre  à observer la tempête plutôt qu’à nous installer bien confortablement assis dans l’oeil du cyclone et vivre ses contre-coups.

Les sens surstimulés : une porte d’entrée de la maladie, selon l’ayurvéda

Espace, air, feu, eau et terre, ainsi est l’Univers et ses éléments tel que décrit par l’ayurvéda. Et que se passe-t’il dans la nature lorsque le vent souffle trop fort? Le vent, selon l’ayurvéda, est le roi des élément, car il est extrêmement puissant, et a le pouvoir de venir débalancer l’ensemble de l’oeuvre.

À ne pas oublier, nous portons en nous ces mêmes éléments, en plus ou moins grande proportion, ce qui influence autant notre corps que notre mental.  Cette combinaison unique d’éléments détermine notre dosha, soit Vata, Pitta ou Kapha (vous pouvez découvrir votre tendance avec notre quiz en ligne).

Un des objectif est donc de ralentir et d’apaiser le vent et ses tourbillons, plusieurs fois par jour. Idéalement, à chaque invitation à glisser vers le chaos.

Quoi faire pour développer une résilience au stress?

  1. Devenir observateur. 

Comment se traduit le stress dans notre vie? Comment est-ce que nous réagissons lorsque nos besoins ne sont pas entendus ou répondus? Identifier les sources de stress et la façon dont il se manifeste dans notre corps et dans nos émotions est déja un grand pas. Nous ne pouvons pas connaître  le chemin pour aller où nous voulons  si nous ne savons pas d’où l’on vient. Prendre le temps de faire une liste authentique, ne serait ce qu’un 5 minutes permet de placer un point d’ancrage permet de débuter une conversation avec soi.

  1. Respirer efficacement : à 16 secondes du bonheur 

Si  nous désirons atteindre le plus souvent possible le bien être physique et émotionnel, nous devons tenir compte de ce qui entre via nos sens et prendre le temps d’apaiser et surtout,  de choisir de façon consciente ce qui nous fait du bien, ou pas.

Prana est un mot Sanskrit qui signifie force de vie. À chaque inspiration, nos poumons se remplissent de cette énergie vitale pour ensuite infuser chacune de nos cellules et organes de cette vitalité. Les poumons jouent un rôle primordial dans la tâche de nourrir mais aussi, d’éliminer. Les exercices respiratoires aident à contrebalancer les effets du stress, à améliorer notre humeur et à nous sentir vivifiés, car nous sommes mieux oxygénés. Qui dit meilleure oxygénation, dit meilleure concentration!

Comment ? 

Prendre le temps d’inspirer pendant 4 secondes, de maintenir cette inspiration pendant 4 secondes, d’expirer par le nez pendant 4 secondes (en déposant l’intention de relâcher tout ce qui ne nous sert plus) et de prendre une pause pendant 4 secondes.

Un petit 16 secondes qui permet de se recentrer et de se détendre entre deux activités, ou suite à une émotion ou une situation où nous serions portés à réagir promptement.

Il est possible de faire cet exercice plusieurs fois par jour, et même de le montrer aux enfants. Cela vient créer une petite pause, apaise le système nerveux et aide à se recentrer.

  1. L’automassage : une détente réelle 

Depuis plus de 10 ans, je martèle sur toutes les tribunes les bienfaits de l’automassage et l’importance de le faire au quotidien. Dans la tradition de l’ayurveda, l’automassage (ou abhyanga) est utilisé comme outil thérapeutique au quotidien pour aider le corps et l’esprit à garder l’équilibre et renforcer notre vitalité.

En plus d’améliorer la circulation sanguine, de tonifier les muscles, de calmer le système nerveux et d’améliorer l’élasticité de la peau, l’automassage aide à contrebalancer les hormones de stress comme le cortisol. De plus, l’action de se masser aide à libérer de l’ocytocine, une hormone liée au bien-être et au bonheur, en plus de son action bénéfique de relâcher les muscles et les tensions.

N’oubliez pas de vous masser avec des huiles herbales de qualité, car la peau étant une grande éponge absorbe tout ce que l’on y dépose*.

  1. Méditation et lâcher-prise

Pas besoin de léviter pour méditer. Au contraire. La simplicité peut elle aussi s’accrocher à la méditation, car il existe plusieurs styles et façons de faire, chacune avec ses couleurs et philosophies uniques. Il s’agit d’explorer et de trouver ce qui nous parle le plus, et de défaire certains mythes se rattachant fréquemment nous empêchant de tenter l’expérience ou de maintenir une pratique régulière.

Introduire les mantras

Les mantras sont de courtes phrases, formules ou mots importants pour vous que vous répétez en boucle. Un exemple de mantra pourrait être : Paix, amour et santé.   Ils ont le pouvoir de nous ancrer au moment présent et donc de nous offrir un répit du stress.

En répétant un mantra, nous dirigeons uniquement nos pensées sur ces mots. Il est alors difficile de penser aux tâches du quotidien, à ce qui nous stresse ou à autre chose. Nous offrons à notre mental un chemin clair à suivre et, en le suivant pendant quelques minutes, nous lui offrons la chance de s’apaiser.

Voici quelques exemples de mantra en Sanskrit, une langue ancienne, poétique, riche et profonde, aussi appelée «langue de la vibration».

OM Shanti OM: Om

Fait référence à la vibration universelle.

Sat Chit Ananda

Sat : la vérité pure, ce qui ne change jamais.

Chit : la conscience.

Ananda : pur bonheur ou béatitude.

Est ce qu’il y aura tout de même des pensées qui surgiront durant la méditation? Absolument! Si il n’y a plus de pensées, il n’y a plus de vie! Mais le fait de répéter un mantra permettra de réaliser que nous sommes ailleurs, que les pensées ont muté vers les il faut que :

  • il  faut  que sorte le recyclage, car nous sommes mardi.
  • il faut que j’aille à l’épicerie..
  • Il faut que ….

En résumé, de petits gestes simples comme respirer, se masser ou identifier nos pensées stressantes peuvent significativement aider à réduire l’impact du stress dans nos vies, celles de nos enfants et nous aider à atteindre la meilleure version de nous-même. Qu’on se le tienne pour dit, nous n’avons plus besoin de stresser nos vies en mode SURVIE!

Bonne rentrée ! Et n’oubliez pas de prendre soin de vous !

Krystine St-Laurent xx

Publication FB (34)


Références 
  1. St-Laurent Krystine, Nature & Ayurveda:  plantes, épices, recettes et rituels bien être, Éditions de l’homme, 2018, 354 pages
  2. Ireland, Tom. “What Does Mindfulness Meditation Do to Your Brain?” Scientific American Blog Network, Scientific American, 12 June 2014, blogs.scientificamerican.com/guest-blog/what-does-mindfulness-meditation-do-to-your-brain/.
*Pour plus d’informations sur les huiles, l’ayurvéda et des programmes en ligne : www.inspiratanature.com

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